Quelqu'un nous a quitté...
« Le livre de la vie est le livre suprême
Qu'on ne peut ni fermer,
ni ouvrir à son choix;
On voudrait revenir
à la page où l'on aime,
Et la page où l'on meurt
est déjà sous nos doigts »
Lamartine
La vie est ainsi faite : nous naissons, nous grandissons, nous choisissons et construisons nos propres chemins, nous faisons des rencontres et parallèlement nous perdons de vue des amis, des proches. Mais comme disait LAMARTINE, la vie est ainsi faite que nous ne sommes pas éternels et que celle-ci s’achève toujours trop vite.
On nous donne des nouvelles ponctuelles, et nous en donnons également, mais ces paroles ne nous alertent pas sur les blessures du temps qui passe.
Et puis un coup de téléphone vient brusquement vous rappeler qu’elle était là, et que maintenant elle n’y sera plus.
Gillette nous a quittés, et comme tous ceux que nous aimons la douleur et là, la colère aussi car nous aurions aimé la garder toujours auprès de nous.
Gillette était ma tante, la sœur aînée de ma mère, la première de cinq enfants nés dans l’entre deux guerres.
Elle a connu les bombardements, l’exode, la misère de cette époque. Elle a eu elle aussi cinq enfants, qu’elle a su élever, bravant les blessures de la vie.
Je garde d’elle l’image figée dans le passé d’une femme forte, qui a vécu pour sa famille, qui a travaillé dur et s’est donnée corps et âmes pour lui offrir le meilleur.
Aujourd’hui, je pense à ses enfants, ses petits enfants, ses arrières petits enfants, ses frères et soeurs.
Je ne suis pas là physiquement mais mes pensées sont avec vous aujourd’hui. Une fin de vie est une « fin », mais c’est aussi le commencement de la vie sans elle. Sachez garder le meilleur d’elle pour qu’elle puisse vivre à travers vos souvenirs.